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Usson d'Hier
Légendes

 

 

Les informations, contenues sur cette page, sont extraites du livre :

            "Usson Du Poitou au fil des siècles"

            écrit par : Laurent Cogny & Béatrice Guyonnet

            édité par : GESTE Éditions  www.gesteditions.com

avec l'autorisation de la maison d'édition.

Usson-du-Poitou au fil des siècles

bulletDe la Préhistoire à l'Antiquité
bulletLe Moyen Âge
bulletLa vie à Usson du 16ème au 18ème siècle
bulletDe la révolution au consulat (1789 - 1799)
bulletLe 19ème siècle
bulletLe 20ème siècle

 

De la Préhistoire à l'Antiquité : Retour à l'entête de page

    Usson du Poitou a conservée de nombreux vestiges de son histoire depuis l'occupation néolithique (entre 5000 et 2800 avant J.C.).
    A cette époque, les hommes se sédentarisent progressivement et constituent de petits villages. Il ne reste que peu de trace des habitations (construites avec des matériaux périssables). Mais il reste de nombreuses traces de sépultures (tumulus, dolmens) sur la commune et sa région.

    Le peuple celtique des Pictons a ensuite occupé la région sur un territoire qui correspondait approximativement aux départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et d'une partie de la Vendée.

    Puis, un demi-siècle avant notre ère, cette région a été conquise par César. Les campagnes se "romanisent" et adoptent les pratiques romaines tout en conservant une part de l'héritage gaulois.

    Les 3ème et 4ème siècles marquent la fin de l'Empire romain et le développement progressif du christianisme.

    Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" apporte de nombreuses précisions sur cette époque,  le détail des découvertes archéologiques correspondant à cette ère, ainsi que les monuments et vestiges restants.

 

Le Moyen-Âge : Retour à l'entête de page

   Le Christianisme se développe en Poitou à partir du milieu du 4ème siècle, en particulier avec le premier évêque de Poitiers connu (Saint Hilaire) et avec l'évangélisateur des campagnes de la région (Saint Martin).
    Dans les campagnes, les pierres "païennes", les bornes milliaires, les épitaphes sont réutilisées à des fins chrétiennes.
    Le réseau paroissial des campagnes ne se met en place que tardivement.

    Au 5ème siècle, les invasions barbares marquent la région. Clovis, roi des Francs, s'installe en Gaule du nord et va être à l'origine de la dynastie mérovingienne.
    Le sous-sol du bourg d'Usson conserve de nombreux vestiges de cette période mérovingienne, détaillés dans le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles".

    A partir du haut Moyen-Âge, se mettent en place les structures administratives qui vont régir la vie quotidienne des habitants. Ces structures remplacent celles de l'époque gallo-romaine.

    A partir de l'époque féodale, Usson formait une châtellenie, réunie au domaine de la couronne en 1350.

    A la fin du 14ème et au 15ème siècle, plusieurs seigneuries, (sans doutes bien antérieures aux premiers textes conservés), se partageaient les terres.

    La paroisse se développe sur les bases de la première communauté chrétienne de l'époque mérovingienne.
    Vers le 11ème siècle, des moines s'installent dans le bourg.
    Au Moyen-Âge, le territoire de la paroisse correspond sensiblement à celui de la commune actuelle. La vie s'organise autour du bourg et des nombreux villages et hameaux, dont la plupart sont d'ailleurs constitués à cette époque, même si certains lieux d'occupation remontent sans doute à l'époque gallo-romaine.

    Plusieurs édifices du Moyen-Âge sont encor visibles, et plusieurs exemples de souterrains-refuges existent encor.

    Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" apporte de très nombreuses précisions sur cette époque (détail des actes, des châteaux, des vestiges et des souterrains datant de cette époque).

 

La vie à Usson du 16ème au 18ème siècle : Retour à l'entête de page

   La population, qui se composait de 273 feux au milieu du 18ème siècle, en compte 322 en 1970, soit 1543 âmes. Cette population de répartit entre le bourg et 81 villages, dont certains ont aujourd'hui disparu ou ont été absorbés.
    Ces nombreux habitants, aux activités diverses, vivaient dans un cadre de vie où se superposaient plusieurs structures : la paroisse, la baronnie et les seigneuries.

    La paroisse correspond à une circonscription territoriale confiée à la juridiction spirituelle d'un curé, assisté parfois d'un vicaire.

    En ce qui concerne la baronnie et les seigneuries, Usson du Poitou, à cette époque et depuis le rattachement du Poitou au domaine royal en 1422, appartient au roi et est géré par ses représentants, tandis que plusieurs seigneurs y possèdent des fiefs.

    Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" consacre un très large chapitre où sont détaillées ces deux cadres de vue de cette époque :
            - le cadre de la vie spirituelle (réception des sacrements; le prieuré, la cure et la fabrique d'Usson du Poitou; les intervenants extérieurs : prédicateurs et missionnaires; les protestants).

            - le cadre administratif et économique (la baronnie royale; les seigneurs d'Usson; la communauté d'habitants; les habitants d'Usson : les hommes de la terre, les hommes de métiers ou artisans divers, les pauvres et les mendiants, les "Boesme" et "Pauvres Limouzins")

 

De la révolution au consulat (1789 - 1799) :   Retour à l'entête de page

    L'année 1789 s'annonce difficile. Suite aux mauvaises récoltes de 1788 et à l'hiver rude de 1789 qui compromet les moissons, la peur de manquer de pain et les spéculations font monter le prix du blé.
    Un fort relent anti-seigneurial monte alors et se retrouve dans les cahiers de doléance (1er mars 1789) d'Usson, où la noblesse et le clergé sont accusés de ne pas payer leur part d'impôt et de faire peser, sur les paysans, de trop lourdes redevances devenues insupportables.

    De nouveaux cadres administratifs voient le jour en 1790, avec la création des départements. Le 10 février 1790, le département de la Vienne est subdivisé en six districts et en quarante-neuf cantons.
    Usson, ancienne baronnie et prévôté royale, incorporé dans le district de Civray, devient alors chef-lieu d'un canton de 4042 âmes (Usson, St Secondin, St Martin l'Ars, Joussé et Payroux).
    Plusieurs maires se succèdent à la tête de la commune d'Usson jusqu'en 1795.

    Au directoire (1795 - 1799), les districts sont supprimés et les municipalité des communes de moins de 5000 habitants sont remplacées par des municipalités cantonales à la tête desquelles se trouve un président. Dans chaque commune subsistent seulement un agent municipal et un adjoint.
    Deux présidents se succèdent à la tête de la municipalité cantonale d'Usson, à raison de deux années chacun.
    Pendant toute la période révolutionnaire, la municipalité a probablement disposé d'une salle en location chez un (ou plusieurs) particulier(s) et non d'un bâtiment propre.

    Durant cette période révolutionnaire, la religion et la noblesse sont mises à mal.
    La noblesse perd une partie de ses privilèges dans la nuit du 4 août 1789, tandis que le clergé voit ses biens confisqués le 2 novembre 1789, et vendus comme biens nationaux pour combler les besoins d'argent de l'État.
    La vente des biens nationaux débute à Usson du Poitou dès le début de l'année 1791. Les bénéficiaires de cette séquestration des biens religieux sont uniquement les notables de la paroisse ou ceux de paroisse voisines.

    Les familles nobles d'Usson se sont d'abord relativement bien impliquées dans la nouvelle structure communale. Leurs membres n'occupent pas la place de maire, mais plutôt celle d'officier municipal. Mais devant la tournure que prennent les évènements, bon nombre des familles nobles d'Usson choisissent (comme d'autres ailleurs en France) d'émigrer à l'extérieur de nos frontières. Les révolutionnaires prennent alors des mesures rigoureuses à leur égard en décidant de la confiscation de leurs biens (2 septembres 1792) et leur bannissement à perpétuité ainsi que la peine de mort pour ceux qui repasseraient la frontière (23 octobre 1792).
    La vente des biens des émigrés Ussonnais et de l'ancien domaine royal se déroule pour la plus grande partie de l'an 3 à l'an 4. Les anciennes seigneuries passent généralement entre les mains des notables locaux.

    La première république, née le 21 septembre 1792, est menacée sur ses frontières par les armées étrangères et à l'intérieur par l'insurrection vendéenne. Si le thème républicain de la patrie en danger exalte le nationalisme, la levée de 300 000 hommes, décrétée en mars 1793 par la Convention, soulève de nombreuses résistances. Le contingent de 3806 hommes que doit fournir le département de la Vienne se révèle une ponction humaine plus lourde que la milice de l'ancien régime. Des soulèvements locaux se développent et se terminent parfois par une répression sévère, comme à Usson du Poitou qui perd ainsi deux de ses enfants (Jean-Baptiste Cuirblanc 24 ans et Georges Pasqueron de Fonmervault 27 ans), marquant durablement les mémoires. L'affaire d'Usson, comme les autres émeutes liées au recrutement, est réglée en une vingtaine de jours.

    La vie quotidienne, à Usson du Poitou, reprend son cours, ponctuée par les répercussions des décisions administratives parisiennes et par l'ardeur des élus locaux à entraîner les habitants dans leur enthousiasme révolutionnaire.
    La surveillance des suspects vivants dans la commune, et de ceux qui y sont de passage et susceptibles de se rendre en Vendée, se généralise.
    Plusieurs Ussonnais perdent la vie dans les guerres menées par la République.
    Les efforts d'éducation de la jeunesse, menés dans la commune et commencés sous l'Ancien Régime, se poursuivent dans les premières années de la Révolution pour être finalement brutalement interrompus quelques années après.

    Jusqu'en 1792, le registre paroissial fait office d'état civil pour les seuls catholiques. Les autres communautés religieuses ont leur propre registres. Suite à la loi du 20 septembre 1792, l'état civil est sécularisé et regroupe les naissances, mariages et décès des personnes vivant sur le territoire de la commune, sans distinction religieuse. Le registre paroissial d'Usson du Poitou se clôt le 15 novembre 1792. L'état civil de la commune commence le 20 novembre 1792. La loi du 20 septembre 1792 autorise également le divorce par consentement mutuel des époux et désacralise encor le mariage.
    Un an plus tard, la sécularisation s'accélère par la suppression du calendrier grégorien, rythmé par les fêtes liturgiques et les fêtes des saints, remplacé par un calendrier républicain. Les paroisses voisines d'Usson du Poitou perdent leur ancien patronage au profit d'une nouvelle dénomination sans référence religieuse. De même, le terme paroisse disparaît progressivement au profit de celui de commune.
    L'église d'Usson du Poitou, fermée au culte, devient très rapidement un temple dédié à la déesse Raison.
    En l'an 7, le nouveau culte décadaire est introduit à Usson du Poitou et le temple rebaptisé "salle décadaire". La municipalité du canton d'Usson se fait même remarquer en tentant de proscrire complètement le dimanche par son arrêter du 10 mai 1798, mais le département le fait casser pour ne pas trop heurter la sensibilité populaire encore attachée au repos dominical.
    Durant toute cette époque, la liturgie catholique a laissée la place à une liturgie laïque particulièrement magistrale au moment des fêtes républicaines.

    Les soubresauts révolutionnaires, la crise politique et économique de la fin du Directoire s'achèvent par le coup d'Etat de Napoléon Bonaparte le 9 novembre 1799. Dans sa proclamation de la Constitution de l'an 8, Bonaparte peut déclarer : "Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie.".

    Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" dont sont tirés tous les passages de cette période révolutionnaire, apporte encor plus en détail sur cette période au sein de la commune d'Usson du Poitou.

 

Le 19ème siècle :  Retour à l'entête de page

    Le début du 19ème siècle marque le renouveau de la paroisse laissée sans prêtre sous la révolution, le renouveau d'une vie politique municipale locale et le renouveau de l'instruction de la jeunesse mise en sommeil pendant quelques années.
    Durant cette période, Usson du Poitou vit également au rythme des progrès techniques, ainsi qu'à celui des bouleversements politiques qui secouent la France (consulat, premier Empire, Restauration, 2ème République, Second Empire, 3ème République).
    Le siècle s'achève dans le souvenir des soldats morts pour le pays pendant la guerre de 1870, et par le crime de la Font-du-Parc (en 1892).

    Le concordat de 1801, passé entre Bonaparte et le pape Pie 7 et promulgué le 8 avril 1802, permet le retour du culte à Usson. Le 16 mars 1804, un nouveau curé est de retour à Usson : les sacrements sont à nouveau administrés. Mais ce prêtre se retire de sa charge à la fin de l'année 1806, et la paroisse reste sans prêtre jusqu'en septembre 1807. Divers prêtres se succèdent.
    Du 1er mars 1821 jusqu'en 1880, J-H. Cherpenet est curé d'Usson du Poitou. Les anciennes habitudes religieuses se ravivent, deviennent assez régulières et prennent parfois une très grande ampleur à certaines occasions, notamment lors des visites pastorales des évêques de Poitiers. Les prédicateurs extérieurs interviennent également. Ce prêtre intervient aussi dans l'embellissement de l'église d'Usson. Il fait naître deux projets : la construction d'un nouveau presbytère et l'aménagement d'une sacristie. Mais la mort ne lui permet pas d'en voir l'achèvement (sacristie construite en 1843).
    La période de 1886 à 1898 sera particulièrement riche en évènements religieux pour la paroisse, et les prédicateurs extérieurs se font de plus en plus présents. A la fin de cette période, la paroisse a retrouvée ses fastes anciens.

    Au début du 19ème siècle, Usson se dote à nouveau d'une municipalité, mais elle perd son titre de chef-lieu de canton en 1801.
    Tout au long du siècle, la municipalité développe son école communale tandis qu'une école privée, dirigée par des religieuses enseignantes, s'établit à Usson en 1868.
    Le 30 avril 1800, la municipalité reprend. L'organisation de la vie municipale ne changera plus jusqu'à nos jours. Le terme de "mairie" remplace définitivement celui de "chambre municipale" en l'an 1800.
    Le 8 février 1870, la commune fait l'acquisition d'une maison, située Grande-Rue, destinée à devenir mairie et maison d'écoles. Mais la guerre de 1870 contrarie les projets. Finalement, le 23 décembre 1877, le premier conseil municipal peut enfin se tenir dans un bâtiment dont l'unique fonction est de servir de mairie et d'école (l'actuelle poste). La mairie est à l'étage, et l'école au rez-de-chaussée.
    Usson du Poitou est pourvue d'un garde champêtre dont le rôle est de veiller à l'application des arrêtés municipaux réglant les affaires liées à la police locale. Mais il ne peut faire face à toutes les exactions perpétrées sur le territoire de la commune. Dans le courant de l'année 1878, une brigade de gendarmerie s'installe dons à Usson du Poitou suite aux demandes des élus et des notables d'Usson. Mais en 1889, la brigade s'installe dans des locaux neufs situés à Lusigny (bâtiment toujours visible).

    Vers 1865, à l'initiative de Joseph Blondet de Pluvillière, naît la citée ouvrière de Pluvillière dans le bourg d'Usson.
    En 1873, Joseph Blondet de Pluvillière transmet à la municipalité tous ses droits sur la cité. La cité Pluvillière, "petit coron" poitevin, existe toujours et donne un charme particulier à Usson du Poitou.

    Les problèmes liés à la restauration et à la construction des voies de communication traversant la commune et à l'alignement des rues du bourg, reviennent de manière récurrente dans les débats du conseil municipal, tout au long du 19ème siècle. La départementale n°10 reliant Poitiers à Confolens, établie assez loin du bourg, laisse un goût amer aux élus locaux. Dix ans plus tard, en 1848, la commune demande et obtient des fonds pour la rénovation du pont d'Usson, en dédommagement de l'éloignement de la D10.
    Le 13 octobre 1895 à lieu l'inauguration officielle de la voie de chemin de fer reliant Poitiers à St Martin L'Ars. Cette voie passe par Usson du Poitou, avec une gare établie à moins d'un kilomètre du bourg comme exigé par la municipalité, en longeant la route départementale.
    Cette voie révolutionne les modes de vie des villes et villages qu'elle dessert et dynamise le commerce et les échanges entre les villes et les villages.
    Mais, le 30 juin 1934, la ligne ferme par manque de rentabilité et à cause de la rude concurrence du bus. Ce dernier ne met plus qu'une heure pour faire le trajet qui prend trois heures par le train à vapeur. Le moteur à essence remplace le moteur à vapeur.

    Abandonnée pendant la période révolutionnaire, l'éducation des jeunes enfants d'Usson Du Poitou reprend timidement au début du 19ème siècle dans l'école publique. Le nombre des enfants scolarisés dans l'école communale ne cesse d'augmenter tout au long du siècle, tandis qu'une école dirigée par des religieuses est fondée vers la fin du 19ème siècle en 1868.
    L'école communale primaire comprend une école pour les garçons et une pour les filles. Un seul instituteur dirige les deux écoles jusqu'à la rentrée de 1867, date à laquelle une institutrice doit commencer à remplir sa fonction. L'instituteur donne également des cours pour adultes, et l'institutrice des cours de travaux d'aiguille.
    Le nombre des élèves scolarisés dans l'enseignement public n'est pas très bien connu, sauf pour les années 1875 à 1881. Les effectifs varient de 96 à 180 élèves, et sont donnés par le conseil municipal, afin de solliciter deux postes de maître adjoint auprès du ministère de l'Instruction Publique.
    A cette époque, l'école n'est pas obligatoire, et le nombre d'élèves peu varier en cours d'année à cause des travaux agricoles qui nécessitent de la main d'œuvre.
    On distingue deux groupes d'élèves : ceux dont les parents peuvent payer la scolarité, et ceux qui doivent êtres admis gratuitement. Le maire et le curé de la paroisse arrêtent la liste des enfants à admettre gratuitement à l'école communale, avant de la soumettre au conseil. Le nombre d'enfant du second groupe varie en fonction des ressources dont dispose la commune pour les prendre en charge.
    Suite aux lois des 16 juin 1881 et 28 mars 1882 qui imposent la gratuité et l'obligation de l'enseignement primaire, la commune d'Usson réclame une aide à l'état afin de faire face à ses nouvelles charges dues à l'augmentation des effectifs.
    Jusqu'en 1877, l'école suit la mairie au gré des locations successives. C'est probablement à la rentrée scolaire de 1877 que l'école prend possession des locaux nouvellement construits, de même que la mairie. Ces locaux sont vendu en 1913 pour êtres transformés en hôtel.

    En 1868, à l'initiative de la comtesse Perry de Neuil, née Melchiorine de Nuchèze, dame de Badevillain, est crée l'école privée religieuse. Elle met à disposition des religieuses un immeuble lui appartenant rue St-Pierre, à proximité de l'église, en en conservant la propriété. L'acte de fondation de l'école religieuse est daté du 17 septembre 1868. Au mois d'octobre 1868, deux religieuses de la Salle-de-Vihiers arrivent à Usson pour occuper le poste d'enseignantes à l'école privée religieuse. Ces deux sœurs appartiennent à l'ordre des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus (fondé en 1823). A la mort de la comtesse, le bâtiment de l'école privée religieuse revient à sa petite fille Marie de Baglion. La gratuité de l'école religieuse est établie en 1881.

    La guerre, déclarée le 19 juillet 1870 par la France à la Prusse, fut une guerre assez courte. Elle s'achève avec l'armistice du 28 janvier 1871 et par l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne. Le siège de Paris et les champs de bataille nécessitent la mobilisation de volontaires et celle des jeunes hommes.
    Plusieurs habitants d'Usson du Poitou perdrons la vie durant les combats, ou des suites de maladies contractées à la guerre.
    En 1896, une souscription est lancée pour élever un monument à la mémoire des soldats morts. L'ensemble des frais à été couvert par une souscription privée, sans que la commune ne participe, en dehors de la donation du terrain pour son élévation.
    L'inauguration se déroule en grande pompe le 2 août 1896.

Monument à la mémoire des soldats morts à la guerre de 1870-1871.jpg (10525 octets)     Détail de la plaque commémorative.jpg (21600 octets)

    Construit d'abord dans l'angle nord-est de la place de l'église, il a été déplacé une première fois en 1939 pour occuper la place de l'ormeau de Sully; puis une seconde fois retiré légèrement en arrière, lors de travaux de voirie.
    Les monuments élevés en France pour les morts de 1870 sont très rares.

    Le 14 novembre 1892, Usson du Poitou est le théâtre d'un fait divers sanglant : le double assassinat (d'une femme et d'une jeune fille) et le vol d'argent au village un peu isolé de la Font-du-Parc.
    Le procès de l'assassin présumé, Jean Clément, se déroule les 29 et 30 mai 1893 en présence d'une foule importante. Jean Clément n'avouera cependant jamais et se déclarera toujours innocent de ce dont on l'accuse. Mais tout porte à croire en sa culpabilité. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il est transféré au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyanne française) où il y mourut probablement.

    Le 19ème siècle fut très riche d'Histoire et de progrès pour Usson du Poitou. Ce chapitre n'est qu'un tout petit résumé de cette page d'Histoire. Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" , dont sont tirés tous les passages de ce siècle, s'étend plus largement sur ce siècle à Usson. Il consacre notamment plus d'une dizaine de pages à un éphéméride du 19ème siècle qui contient de nombreux faits marquants pour Usson, qui proviennent de documents difficiles à classer, mais qui ont cependant un intérêt pour l'histoire locale. Cet éphéméride et ces faits donnent un éclairage complémentaire et non négligeable sur cette époque.

 

Le 20ème siècle :   Retour à l'entête de page

    Le début du 20ème siècle de fait dans la continuité de la fin du 19ème siècle : la lutte de l'Etat contre l'église se poursuit et culmine avec la loi de 1905 et perdure jusqu'au premier conflit mondial; le désir de revanche des Français après la défaite de la guerre de 1870.
    La vie à Usson du Poitou est profondément marquée par les deux guerres mondiales qui ont eu lieu dans ce dernier siècle du millénaire.
    Mais la vie y reprend son cours à partir des années cinquante, cependant Usson du Poitou, comme toutes les communes rurales éloignées des grands centres urbains, doit lutter contre la lente et continuelle érosion de la population.

    A Usson du Poitou, comme partout en France, l'église doit faire face à l'anticléricalisme de l'Etat et d'une partie de la population, qui se traduit par la lutte contre les congrégations religieuses et par les inventaires des églises.
    Cette lutte de l'Etat républicain contre l'Eglise se fait surtout autour de l'assistance publique et de la formation morale et intellectuelle de la jeunesse, fonctions qui assurent la puissance de l'Etat.
    Dès 1880, Jules Ferry prend des décrets contre les congrégations non autorisées et dissous la Compagnie de Jésus. Ferdinand Buisson, directeur de l'enseignement primaire,établit en 1882 la laïcité de l'enseignement primaire. Au début du 20ème siècle, l'anticléricalisme s'accroît avec la loi sur les associations prise en juillet 1901, qui, si elle favorise la constitution d'associations non professionnelles, impose par son article 13 une autorisation législative pour les congrégations religieuses. Cette politique culmine avec la loi du 9 décembre 1905 qui établit la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la république ne reconnaissant, ni ne salariant aucun culte. Ces deux décisions nationales s'appliquent directement à Usson du Poitou.
    En 1902, la maison mère de la congrégation des sœurs de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus fait une demande d'autorisation, pour se mettre en règle avec la loi, pour son établissement d'Usson du Poitou. Le préfet sollicite alors un rapport du sous-préfet et une délibération du conseil municipal d'Usson du Poitou. Ce dernier donne, à l'unanimité des voix, un avis favorable au maintient de l'établissement d'Usson du Poitou, lors de sa réunion du 24 août 1902. Par contre, le rapport du sous-préfet, daté du 12 octobre 1902, est quant à lui, assez hostile au maintien des religieuses à Usson du Poitou : "L'établissement d'Usson a été crée en 1868. Il comprend une école primaire et une école maternelle faisant partie intégrante de l'établissement. Cette concurrence annihile presque complètement l'école publique des filles. L'enseignement congréganiste est soutenu par la municipalité réactionnaire et les riches propriétaires de la région. Il exerce une influence fâcheuse sur l'esprit local. Les sœurs distribueraient de temps à autre, à la population pauvre, des secours en nature déposés chez elles par les maisons riches. Mais l'établissement est simplement enseignant et ne saurait être considéré comme hospitalier.
L'immeuble appartient à M. de Baglion, propriétaire à Usson, qui se chargerait de l'entretien de la maison et du mobilier. On n'est pas fixé sur l'origine des ressources qui assurent l'existence des religieuses. D'après leurs déclarations, elles s'élèvent à plus de deux mille francs. Il est vraisemblable que les principaux réactionnaires se cotisent dans l'intérêt du maintien et du progrès d'une institution qui rend de si grands services à leur parti. Peut-être aussi que la maison mère s'impose un léger sacrifice."
    Le 17 juillet 1903, la décision tombe : l'école doit fermer ses portes le 17 août suivant.
    Dès la rentrée des classes d'Octobre 1903, et afin de scolariser les anciens élèves de l'école religieuse, une classe enfantine pour fille est ouverte à l'école publique d'Usson du Poitou.
    Les sœurs de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus ne renoncent cependant pas à leur ancienne école, et en novembre 1903, elles ouvrent en toute illégalité une école privée sous la direction d'une institutrice laïque et en y assurant leur présence et influence par l'intermédiaire de deux sœurs sécularisées. Cette reconstitution illégale entraîne des poursuites judiciaires, contre la directrice laïque et les religieuses sécularisées, ainsi que contre mademoiselle de Baglion. Le 1er septembre 1904, une ordonnance de non lieu du tribunal de Poitiers clôt l'affaire, mais l'école fait toujours l'objet d'une certaine surveillance.
    Avec la loi de séparation, les biens ecclésiastiques deviennent propriété de l'Etat et les édifices de cultes sont confiés à des associations culturelles devant comprendre une majorité de laïcs. Le pape Pie 10 condamne la loi de 1905 et interdit aux catholique de créer ces associations par crainte d'un danger de schisme.
    Malgré une forte opposition des catholiques d'Usson du Poitou, et un échec le 27 février 1906, l'inventaire à Usson du Poitou se passe sans trop de difficultés six jours plus tard.
    Aristide Couteaux, sénateur ayant voté la loi de séparation, et enfant du pays d'Usson, est directement pris à partis par un catholique extrémiste d'Usson du Poitou, dans un tract circulant à Usson du Poitou : "Allons, Jacquillou, Usson, la jadis si riante cité de ta naissance, vient de savourer les douceurs de l'odieuse loi, que dans ta féroce haine tu as votée à bras levés (...). La vieille église qui a vu tant de siècles, où ta vieille mère que je vénérais t'apportait sur ses genoux, vient de voir briser ses portes par des mercenaires honteux de la besogne à eux imposée par ton inique loi (...). Après le crochetage des couvents, le cambriolage des églises, à quand le pillage des châteaux? Ta famille en a de beaux. Soit maudit. Un vieil Ussonnais, ancien ami de ton père."
  
La vie de la paroissiale continue malgré tout avec des évènements tels qu'en 1908 et 1909 avec la confirmation des enfants d'Usson du Poitou par l'évêque de Poitiers, ou encor par l'achat d'une statue pour la fête célébrant la béatification de Jeanne d'Arc en 1909.
    La guerre de 1914 éclate et l'union sacrée qu'elle a engendrée vont contribuer à accélérer la normalisation des relations entre l'Etat et l'Eglise. Durant cette guerre, des "apparitions" de la vierge, à une jeune fille d'Usson du Poitou, auraient eu lieu, mais elles n'ont jamais été reconnues par l'Eglise.
    De 1935 à 1955, l'abbé Maigret (premier historien de la commune d'Usson du Poitou) est curé à la paroisse d'Usson du Poitou. Dès son arrivée, il s'attelle à une longue tâche de travaux d'embellissement de l'église (changement du mobilier, restauration des chapelles latérales, plusieurs travaux de remise en état faits par l'abbé Maigret lui même, restauration de statues, restauration de l'autel, installations électriques, etc. ).
    Mais les travaux de l'église ne lui font pas oublier son rôle de pasteur des âmes. Il profite des deux grandes missions qui ont eu lieu (du 23 janvier au 13 février 1938; du 30 janvier au 27 février 1949) qui seront l'occasion de nombreuses prédictions et instructions, ainsi que de plusieurs temps forts autour de certaines fêtes. Il stimule également la vie de la paroisse d'Usson du Poitou en prenant dès 1935 l'initiative de la construction d'une salle paroissiale, construite pour les réunions paroissiales et les catéchismes, mais aussi pour des séances de cinéma et de théâtre. Plus tard, une autre salle, destinée au catéchisme et aux répétitions de chant et de théâtre, sera creusée sous la première. C'est par ailleurs aussi sous l'impulsion de l'abbé Maigret et d'Henri Stocklouser, réfugié lorrain, qu'est constituée une chorale d'homme (en plus de la chorale de femme déjà existante). Aujourd'hui, suite à la réunion des deux chorales, la chorale est mixte.
    Après vingt ans d'apostolat, l'abbé Maigret quitte Usson du Poitou en 1955 pour la paroisse de Joussé. Il meurt à Poitiers le 10 avril 1968 à l'âge de 85 ans. Il est inhumé le 12 avril à Joussé.
    Plusieurs abbés se succèdent alors à Usson du Poitou : l'abbé Duvert de 1955 à 1966, l'abbé Ayrault de 1966 à 1975 qui démissionne et abandonne son sacerdoce en 1975, l'abbé Baritaux de 1975 à 2000, l'abbé Laflèche de 2000 à 2001 et l'abbé Audebrand à partir de 2001.
    Durant cette période, la baisse de la pratique religieuse et le manque de prêtres ont entraîné le regroupement progressif des paroisses voisines, qui, avec le temps, se retrouvent toutes sous la responsabilité du curé d'Usson du Poitou qui prend ainsi en charge les paroisses de St Martin l'Ars, Payroux, Joussé, Château Garnier, St Secondin et Brion.
    Durant cette même période, l'église d'Usson du Poitou a connu plusieurs phases de travaux. Parmi ces travaux, ceux engagés en 1999 et terminés pour l'année jubilaire 2000 ont redonné une sorte de seconde jeunesse à l'édifice. En ce début de nouveau millénaire, l'église d'Usson du Poitou est entièrement restaurée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

    Le 20ème siècle restera le siècle des deux guerres mondiales. Ces guerres de très grande envergure ont eu un impact direct sur l'histoire locale d'Usson du Poitou.

    Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, tout le monde pense à une guerre courte et rapide, mais ce ne sera pas le cas.
    Dès 1914, Usson du Poitou participe à l'effort de guerre en envoyant sur le front de nombreux jeunes hommes mobilisés. Usson du Poitou paiera un lourd tribu en vies humaines à travers ses soldats envoyés sur le front de l'est de la France.
    Durant ces années de conflit, le conseil municipal ne siège jamais au complet. La liste des mobilisés du conseil est régulièrement tenue à jour. Le premier impact sur les ressources imprévues de la commune concerne le porteur de dépêche qui reçoit une indemnité de 26 francs.
    La commune d'Usson du Poitou reçoit dès le début de la guerre des réfugiés expulsés ou évacués de la zone de front. Des réfugiés arrivent encore en 1918.
    Les premières mentions de soldats allemands prisonniers, dans la région, apparaissent en 1916. Ces prisonniers sont utilisés, en raison du manque de main-d'œuvre, pour les travaux agricoles et la réfection des chemins.
    La chapelle de la Paillerie est transformée en hôpital militaire, et la grange aux dîmes d'Usson du Poitou sert d'entrepôt pour les produits et les animaux réquisitionnés.
    En 1915, la commune d'Usson du Poitou est obligée de gérer une crise liée à la réquisition du blé. Pour palier à cela, la mairie prend en régie une boulangerie pour assurer la vente de pain à prix coûtant aux seuls habitants de la commune d'Usson du Poitou.
    Fin 1917, suite à la durée du conflit qui occasionne une perturbation du ravitaillement en céréales nécessaires à l'alimentation, la mairie demande au préfet d'autoriser la fabrication de bon d'alimentation destinés aux familles qui ne cuisent pas elles-mêmes leur pain. Ces bons d'alimentation sont distribués à partir du printemps 1918.
    L'armistice est signé le 11 novembre 1918. Usson du Poitou compte ses enfants tombés sur les champs de batailles. Ils ne sont pas moins de 108 morts ou disparus, auxquels vont s'ajouter 5 noms en 1919 et 1920 par suite des blessures de guerres.
    Le 24 septembre 1922 est inauguré le monument pour commémorer le souvenir des soldats morts au combat. Un tableau d'honneur, malheureusement incomplet après restauration, se trouve également dans l'église d'Usson du Poitou.

        Le 3 septembre 1939, la guerre éclate de nouveau entre la France et l'Allemagne. Après la "drôle de guerre", période sans combat, les troupes françaises sont écrasées par les opérations allemandes commencées le 10 mai 1940. Le maréchal Pétain, nommé à la tête de l'Etat, signe l'armistice le 22 juin 1940.
    Les régions de l'Est de la France, menacées par une nouvelle invasion, sont évacuées dans des proportions bien plus grandes qu'en 1914. Usson du Poitou est chargée d'accueillir des réfugiés. Mais grâce à la circulaire préfectorale de mai 1939 qui désigne une commission d'accueil des réfugiés placée sous la responsabilité du maire ou, s'il est mobilisé, du 1er adjoint, la municipalité d'Usson du Poitou n'est pas trop débordée par les évènements. Le 6 septembre 1939, environs 600 personnes, réfugiées principalement de la commune de Folschviller, arrivent à Usson du Poitou. Ces réfugiés sont immédiatement répartis dans le bourg et dans les différents hameaux et villages de la commune.
    Le 13 mai 1940, les troupes allemandes franchissent la frontière et le 14 juin, la ville de Paris est occupée. L'effondrement français est complet. Le matin du 24 juin, les Allemands sont aux portes d'Usson du Poitou. Au carrefour de la gare, dans la grange de la famille Bouillé, une section française est surprise par les troupes allemandes qui la désarme. Des tanks français viennent à la rescousse et le combat s'engage, faisant des victimes. Le 25 juin, au lendemain du drame, l'armistice, signé trois jours plus tôt, entre en application. Les combats cessent.
    Usson du Poitou est occupé dans sa totalité pendant un mois, par les troupes allemandes, pour finalement se retrouver scindé en deux par la ligne de démarcation. Une large partie d'Usson du Poitou est en zone libre, et trois fermes sont en zone occupée (la Brunelière, la Chaise et la Cotterie). La commune de St Secondin connaît la même situation, et quelques 250 de ses habitants sont, à partir de cette date, administrés par la municipalité d'Usson du Poitou. Les Allemands établissent une Kommandantur à Château-Garnier. Situé en bordure de la ligne de démarcation, le village de la Tinelière est coupé en deux. Pour passer le poste frontière de la ligne de démarcation, certains n'hésitent pas à corrompre les soldats allemands en leur offrant de l'eau-de-vie.
    Dans la zone libre, les lois du gouvernement de la France, établi à Vichy, s'appliquent. Usson du Poitou doit appliquer la loi du 16 novembre 1940 qui oblige à dissoudre les conseillers municipaux des communes de plus de 2000 habitants, pour les remplacer par des municipalités nommées. De ce fait, le 17 juin 1941, le sous-préfet installe un nouveau conseil à Usson du Poitou. Pour la première foi dans l'histoire municipale d'Usson du Poitou, on compte une femme parmis les nouveaux conseillers. Environ la moitié des anciens conseillés restent à leur poste, et jusqu'au 31 janvier 1942, la municipalité est dirigée par Henri Salmon qui demande, à cette date, à être remplacé dans sa fonction. Guy de Baglion prend sa suite.
    Dans les deux zones, libre et occupée, le temps est à la restriction, et au mois de septembre 1940, des titres d'alimentation sont distribués à la population Ussonaise. Henri de Stocklouser, réfugié mosellan installé à Usson du Poitou, devient interprète officiel.
    La totalité du territoire français est occupé par les Allemands après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, et la ligne de démarcation est officiellement supprimée en 1943. Usson du Poitou se retrouve ainsi complètement en zone occupée.
    La résistance s'organise autour d'Elise Arlot ("Maman Lise"), dont une rue d'Usson du Poitou porte son nom aujourd'hui, contactée par André Ravarit responsable de l'Armée secrète pour le département de la Vienne. Le premier groupe (6 hommes) prend le nom de "Groupe Combat". En 1944, plus important et mieux organisé, il se nomme maquis "Antoine", et participe à la réception des parachutages de la Coupe. Leur camp de base est situé dans les bois de Lafa, et leur chef est Alphonse Arlot le fils aîné d'Elise Arlot.
    L'été 1944 restera dans les mémoires comme la période la plus difficile de la guerre. Le débarquement allié en Normandie et le harcèlement des troupes d'occupation par les embuscades des maquis, redent les soldats allemands plus nerveux et capable du pire. Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" retranscrit les passages du registre paroissial dans lequel l'abbé Maigret a eu l'heureuse initiative de noter les évènements et les exactions allemandes qui ont endeuillés Usson du Poitou et ses environs à cette époque (massacre du vigeant, etc. ). Les combats et escarmouches multiplient le nombre des blessés. Paul Rogeon, médecin d'Usson du Poitou, joue alors un rôle décisif pour organiser des hôpitaux de fortunes et clandestins dans les fermes ou les autres demeures à Usson du Poitou et ses environs. Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" retranscrit cela.
    En novembre 1944, après la libération d'Usson du Poitou, le conseil municipal est dissous et remplacé par une délégation municipale (conseil provisoire), présidé par Georges Taphanel, qui gère la commune jusqu'aux élections de mai 1945, date à laquelle Georges Taphanel devient maire.
    En 1945, des prisonniers allemands sont utilisés pour l'exploration du bois de feu que la commune doit fournir. Par la suite, ils pourront êtres employés par les personnes qui en auront besoin et pour les travaux communaux. Cinq de ces prisonniers sont mis à la disposition de l'hôpital de la Grande-Epine. En 1947, les derniers prisonniers allemands quittent Usson du Poitou et peuvent rentrer chez eux.
    Deux plaques commémoratives des enfants d'Usson du Poitou, morts pendant la guerre, sont inaugurées dans l'église pendant la mission de février 1949. Une autre plaque commémorative est apposée par la commune sur le monument aux morts de 1914-1918 sur laquelle figure les noms "des enfants d'Usson tombés pendant la guerre 1939-1945, ainsi que ceux des français tombés au cours des combats qui se sont déroulés sur le territoire de la commune".
    En 1952, les représentants des forces alliées ont attribué la croix du Franco-British Merit à Elise Arlot et à M. le docteur Rogeon. Rapportant cette manifestation, l'abbé Maigret rend également hommage à André Faye qui aida des aviateurs anglais au péril de sa vie.

    Au cours du 20ème siècle, la gestion de la vie municipale et du quotidien des habitants se poursuit au-delà des troubles politique.
    Les décisions politiques nationales de 1905, visant à supprimer les écoles dirigées par des congrégations religieuses, entraînent la nécessité pour l'école publique de faire face à un afflux de nouveaux élèves. Sous l'insistance du préfet, la municipalité d'Usson du Poitou se voit dans l'obligation d'accepter la création de deux postes d'adjointes pour l'école publique des filles. Après location d'un immeuble pour y faire des salles de classes, après le rapport de l'inspecteur d'académie soulignant l'exiguïté des classes et le manque de confort nécessaire à une école (préau, cabinets d'aisance et grande cours), la municipalité envisage le projet d'une reconstruction totale d'une école. En 1912, le terrain situé route de l'Isle Jourdain est acheté par la mairie. La construction des bâtiments débute, et en 1913, pour la rentrée scolaire, le nouveau groupe scolaire est inauguré.
Suite à la chute des naissances durant la Première Guerre mondiale et malgré la prime de natalité donnée aux familles à partir du 4ème enfant, le poste de quatrième adjoint a l'école publique est supprimé.
Jusqu'en 1941, il n'y a pas de cantine scolaire à l'école publique.La mairie essaye de pallier à ce problème par des aménagements qui ne satisfont pas l'accadémie. Dans son rapport de 1956, l'inspecteur d'accadémie rappelle qu'il manque toujours une cantine et que les "74 enfants (garçons et filles) sont obligés de prendre dans les salles de classe, à midi, leur repas froid apporté de la maison, tandis que 20 autres élèves sont "en pension" chez des particuliers du bourg." En 1959, à Pâques, une vraie cantine scolaire est ouverte et ses statuts définitifs sont votés le 15 octobre 1959. Mais malgré de meilleures conditions de scolarisation, les effectifs des élèves de l'école publique baissent depuis les années d'après-guerre, et les menaces de fermeture de classes sont récurrentes.
Les travaux d'aménagement, terminés en 2000, ont permis un rajeunissement des locaux, une meilleure acoustique, une bonne luminosité et une amélioration de l'organisation de l'espace. Une salle prend désormais place dans l'ancien préau.
En l'an 2000, l'école publique comptait trois classes (une de maternelle et deux élémentaires) et son directeur était monsieur Laurent Cardonna.
    La réouverture (illégale à cette époque) de l'école privée en 1903, sous une direction laïque avec la présence de sœurs sécularisées, à permis la survie de cet établissement. En 1940, grâce au régime de Vichy qui met fin à la sécularisation des religieuses, celles d'Usson du Poitou peuvent reprendre l'habit de leur ordre. En 1953, l'établissement est autorisé à prendre des pensionnaires et en 1961 un premier contrat est signé avec l'Etat. En 1970, l'école accueille les premiers garçons. A la rentrée 1994, le contrat simple, qui lie l'école à l'Etat, est remplacé par un contrat d'association. Le 20 juin 1998, l'école fête les 130 ans de l'implantation des religieuses à Usson du Poitou et l'école porte le nouveau nom d'Ecole St Joseph. En 2000, les sœurs ne sont plus que trois à Usson du Poitou, et on compte quatre professeurs laïcs dans l'équipe éducative.

    A Usson du Poitou, les municipalités successives doivent faire face à l'inexorable diminution de la population, et plus encore depuis la seconde guerre mondiale. Entre les recensements de 1901 et de 1999, Usson du Poitou a perdu 1201 habitants.
    Au début du siècle, l'arrivée des migrants "vendéens" (appellation donnée aux agriculteurs de Vendée, du bocage Deux-Sèvrien et du Maine-Et-Loire, qui, suite à une forte natalité et à la surpopulation qu'elle entraîna dans ces départements, ont du migrer vers le sud pour trouver du travail, notamment dans des exploitations agricoles), n'a pas suffit à enrayer la courbe descendante de la population Ussonnaise, ni son vieillissement.
    En 1972, l'espoir d'un renouveau de la population revient, suite à l'implantation de la C.I.E., usine de Cartonnage-Imprimerie-Emballages. Mais en 1974, l'usine est en cessation de paiement, et fermera définitivement ses portes le 31 décembre 1975, malgré une reprise de fond. Mis en vente, les bâtiments seront finalement repris par la société Duvivier-Durev, spécialiste d'ameublement contemporain, toujours en activité aujourd'hui.
    Petit à petit, le parc de logement de la commune s'est agrandi, grâce à diverses initiatives municipales : un premier groupe de logement H.L.M. voit le jour à Lusigny en juillet 1975; en 1984 un "village-retraite" est inauguré, il compte 36 pavillons; en 1984 le projet du lotissement de Lusigny est validé avec 11 pavillons; en 1996, l'O.P.A.C. 86 construit 13 nouveaux logements prioritairements destinés aux familles; en décembre 1989, la résidence de la Nougeraie est officiellement inaugurée, la M.A.P.A.D. (Maison d'Accueil pour Personnes Âgées Dépendantes) ayant reçu son agrément en 1988 pour 75 lits, dont sont bénéficiaires de très nombreux Ussonnais (17 en 1989 à 31 en 1999); le service de la M.A.P.A.D. est complété par la Sodexho qui assure la préparation des repas aux résidents et qui, le 3 juin 1996, met en place un service de portage de repas à domicile pour les personnes âgées. Ce service porte le nom de Présence Verte Service.
    La municipalité réalise de gros aménagements, dans le bourg, destinés à améliorer le cadre de vie des habitants, et ce depuis plusieurs années : amélioration de la voirie avec le recul du monument de 1870; construction d'une fontaine place de l'Etoile et aménagement de cette dernière; mise en place progressive de lanternes de style ancien (enlèvement des poteaux en ciment et pose sous toitures ou enfouissement des lignes électriques et téléphoniques); aménagement d'un parking derrière le Jardin du Prieuré; création d'un Théâtre de Verdure (ou Jardin du Prieuré), bel amphithéâtre de 200 places inauguré en 1998, lieu de fêtes et de représentations théâtrales; début des travaux du projet des "Jardins de la Clouère" qui comporte trois zones distinctes : 1er, le parking du cimetière transformé en zone de détente et de loisir, 2ème la zone de la Saulaie destinée à accueillir des équipements pour le pique-nique et des jeux, 3ème la zone de la Roselière destinée à être transformée en observatoire de la faune et de la flore locale (tous ces travaux commencés à la fin de ce 20ème siècle sont aujourd'hui complètement achevés).
    Tous les travaux d'aménagements du bourg ont été réalisés avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France puisque l'ensemble du bourg d'Usson du Poitou se situe dans le périmètre de protection de l'église, classée monuments historiques.

    Le 20ème siècle eu de nombreuses incidence sur la vie des Ussonnais et des Ussonnaises, et ce chapitre n'est qu'un tout petit aperçu de ce que fut la vie à Usson du Poitou et son histoire au cours de ce siècle. Le livre "Usson Du Poitou au fil des siècles" apporte de très nombreuses précisions et détail sur la vie et les évènements de ce siècle. Il consacre notamment une dizaine de pages à un éphéméride du 20ème siècle à Usson du Poitou. Cet éphéméride contient, dans un ordre chronologique, divers évènements qui ont un grand intérêt pour l'histoire de la commune d'Usson du Poitou.

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